Studiu de specialitate – Le Théâtre de l’Absurde


Autor: prof. Vlad Irina
Liceul Teoretic Ion Barbu, Pitești – Argeș

Dans les années ’50, on voit s’affirmer une avant-garde théâtrale qui vise à révolutionner le genre dramatique et dont les principaux représentants sont le roumain EugèneIonesco, l’irlandais Samuel Beckett, le russe ArthurAdamov et le français Jean Genet. Leurs précurseurs étaient Alfred Jarry, Michel de Ghelderode, Roger Vitrac, Antonin Artaud, Jacques Audiberti. Il faut mentionner aussi le roumain I. Caragiale qui a exercé une influence indéniable sur EugèneIonesco.
Les critiques ont généralement désigné cette nouvelle tendance par les formules „théâtre de l’absurde” ou „antithéâtre”. Chacune de ces formules exprime un aspect essentiel de ce nouveau théâtre. La première indique le thème dominant (la hantise de l’absurde), pendant que la seconde marque le refus des formes dramatiques traditionnelles, l’esprit d’avant-garde propre aux auteurs qui illustrent ce courant théâtral.
Il faut se garder de confondre le théâtre de l’absurde avec le théâtre existentialiste, qui est lui aussi fondé sur l’idée de l’absurde. La différence essentielle consiste en cela que le théâtre existentialiste exprimait le sentiment de l’absurdité dans une forme encore traditionnelle et d’une manière presque thésiste, le „nouveau théâtre” l’exprime d’une manière implicite, dans le langage même ou dans l’organisation des dialogues et des situations.
Dans le nouveau théâtre, comme dans l’art moderne en général, la recherche est reine. L’insatisfaction, la dérision poussent les nouveaux dramaturges à rejeter toutes les conventions du théâtre traditionnel, tous les éléments qui ne sont pas propres au genre dramatique.
Ainsi, l’étude psychologique et ses raffinements n’intéressent plus ces auteurs. Ils refusent l’analyse des sentiments ou la construction de personnages robustes, se mouvant selon un plan conçu d’avance. De plus, l’intrigue cohérente, se conformant aux lois de la logique, est supprimée. Ionesco proclame la nécessité de remonter aux sources du théâtre, de découvrir et d’exploiter à fond les éléments qui constituent l’essence même du genre dramatique. Il constate que l’un des traits essentiels du théâtre c’est le grossissement des effets. Il fallait donc les grossir davantage, les souligner, les accentuer au maximum. Le grotesque, la caricature, le burlesque, la farce, la charge parodique, l’humour sont à son avis la matière même du théâtre. (fragment)