Interculturalitate și orizont francofon Femmes d’Alger dans leur appartement, Assia Djebar


Autor: prof. Alina Danciu
Colegiul Tehnic ”Dumitru Mangeron”, Bacău

Femmes d’Alger dans leur appartement est un recueil de nouvelles qui gravitent autour des thèmes mentionnés et qui se prêtent parfois réciproquement des idées ou des personnages. Le titre du recueil est donné par la première d’entre elles, la plus ancrée dans la contemporanéité dans le sens d’une véritable chronique du monde algérien actuel. Ce même titre a aussi une histoire à part que l’auteur prend le temps de détailler dans sa postface. Femmes d’Alger dans leur appartement est le nom d’une célèbre toile signée par Eugène Delacroix; beauté, sensualité, exotisme, souci du détail, tout y devient perceptible. L’appartement, anamorphose du harem, n’est pas à la portée de n’importe qui. En fait, c’est un espace sacré, qui ne peut être vu que par le mari. C’est le jardin, le „jardin des délices”, mis à l’abri de la vue du monde. Par le truchement d’un ami, Delacroix réussit quand même de franchir le seuil de ce topos magique; il en sera bientôt émerveillé. C’est la technique du regard volé. Le peintre essayera de retenir par ses croquis entamés sur place un maximum de détails afin de pouvoir après reconstituer le paradis caché, entrevu pour quelques instants. Le résultat est un tableau très connu qui se trouve de nos jours au Musée du Louvre.
Assia Djebar va suivre le même pattern décrit par le peintre. Minutieuse et appliquée, elle plongera au milieu des drames familiaux, elle se retrouvera devant les conflits, dans l’intimité du foyer où se trouvent ses personnages. Elle scrutera d’un oeil attentif chaque geste, chaque mot. On dirait qu’elle vient juste de sortir du harem et qu’elle a hâte de décrire. C’est un regard volé à ceux qui souffrent, à ceux qui pleurent sans savoir qu’ils sont regardés, sans savoir qu’ils font l’objet d’une étude littéraire, une étude qui porte sur le destin de la femme. Dans le monde arabe la femme porte le stigmate de l’invisibilité. Elle doit tout le temps être cachée. Même les femmes de Delacroix sont „absentes à elles-mêmes, à leur corps, à leur sensibilité, à leur bonheur.” Dans la même postface Assia Djebar poursuit une analyse soutenue de ce phénomène typique au monde arabe. Elle nous y introduit de la même façon que Delacroix nous fait immerger dans le monde de son tableau. (fragment)